Reflexion sur le thème : « l’Autisme et l’Entreprise »

 

Jeudi 29 janvier 2026, « Parlez-Moi d’Autisme » a participé à une réunion organisée dans les locaux de la mairie de Rueil-Malmaison sur le thème « L’autisme et l’entreprise »

Cette réunion fait suite aux différents échanges que nous avons eus avec les représentants de la municipalité de Rueil-Malmaison sur le thème de « l’Autiste et sa vie professionnelle ».

Si le rôle de « Parlez-Moi d’Autisme » est de soutenir et de témoigner, il est aussi d’interpeller les responsables du secteur public ou privé susceptibles de participer à l’amélioration des conditions d’accès à la vie professionnelle des personnes avec autisme.

Car l’un des sujets difficiles pour ces derniers en âge d’exercer une activité professionnelle, c’est précisément  l’accès à l’emploi

.

Il s’agit pourtant d’un enjeu majeur, parce que travailler c’est pouvoir ;

  • développer son autonomie,
  • participer à la vie sociale,
  • valoriser ses compétences,
  • bénéficier d’une rémunération.

Ce qui est important de souligner c’est que les troubles du Spectre Autistiques se caractérisent par une grande diversité des profils : autisme sévère, Asperger …

La première difficulté est que systématiquement les demandes doivent être prises en compte individuellement, les attentes de chacun des candidats étant très différentes d’un individu à l’autre.

Les autistes Asperger, par exemple, disposent de qualités qui sont précieuses pour les entreprises. Comme la rigueur, la mémoire, le sens du détail ou la logique. Des aptitudes particulièrement recherchées dans le secteur de la logistique, de l’informatique ou de l’industrie.

Dans un premier temps, le candidat doit obtenir une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé. (RQTH). Cette dernière est attribuée par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées. (CDAPH). Après examen de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), la RQTH ouvre des droits spécifiques :

  • mise en place d’aménagement de poste adapté,
  • accès à des aides financières, techniques et / ou humaines,
  • accompagnement par des structures spécialisées comme CAP Emploi,
  • l’accès au dispositif d’emploi accompagné et une orientation vers :
  1. le milieu ordinaire. C’est l’ensemble des entreprises publiques ou privées où les salariés RQTH travaillent dans les mêmes conditions que les autres, avec éventuellement des aménagements ou un accompagnement spécifique.
  2. L’Entreprise Adaptée (EA). C’est une entreprise à part entière qui permet aux travailleurs handicapés d’exercer une activité professionnelle salariée dans des conditions adaptées à leurs capacités. Elle emploie au moins 80 % de salariés handicapés dans ses effectifs de production.
  3. Un Établissement et Service d’Aide par le Travail, (ESAT). La différence entre un ESAT et une EA, c’est que pour l’ESAT, l’effectif doit être composé d’au moins  55% de salariés handicapés. A savoir également que les travailleurs en ESAT relèvent du statut d’usager et non du code de travail. Pas de contrat de travail, et donc pas de possibilité de licenciement.

 

Quel avantage pour la personne en situation de handicap ?

Elle peut bénéficier de l’allocation AETH : (Aide à l’Emploi des Travailleurs Handicapés).

L’AETH est versée aux personnes avec handicap qui recherchent un emploi en milieu ordinaire ou qui rencontre des difficultés pour conserver leur emploi.

 Pour être éligible, il faut :

  • être reconnu RQTH,
  • avoir au moins 16 ans,
  • rechercher un emploi en milieu ordinaire ou occuper déjà un poste.

Quels avantages pour les entreprises du secteur public et privé ?


L’emploi de personnes en situation de handicap est une obligation pour les entreprises d’au moins 20 salariés, dans une proportion de 6 % de l’effectif total. En tant qu’employeur, vous pouvez être accompagné et bénéficier d’aides financières pour faciliter leur accueil.

Pour le secteur public, 

les Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique, FIPHFP, finance tout ou partie du coût des adaptations :

  • aménagement du poste de travail,
  • aides humaines,
  • accompagnement et formation.

l

Pour le secteur privé, 

l’Association de Gestion des Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées offre les mêmes financements.

Si les entreprises ne se conforment pas à cette réglementation, elles s’exposent à des sanctions financières.

Les entreprises peuvent également bénéficier de « l’aide à l’accueil, à l’intégration et à l’évolution professionnelle ».

Celle-ci permet de financer une partie des dépenses liées à l’intégration d’un salarié avec handicap, comme :

  • les actions de sensibilisation au handicap des collègues de travail,
  • l’accompagnement du supérieur hiérarchique à la prise en compte du handicap,
  • l’accompagnement individualisé du salarié en situation de handicap.

Cette aide est octroyée à toute entreprise recrutant un travailleur en situation de handicap, en CDI ou en CDD d’une période d’au moins six mois. Il faut également que la durée hebdomadaire de travail soit au moins égale à 24H00.

Le montant maximum de l’aide est de 3 150,00€ par contrat.  Elle est cumulable avec les autres dispositifs et les aides à l’emploi ou à l’insertion professionnelle de l’État ou des régions (comme l’AGEFIPH ou le FIPHFP).

 

Les raisons qui légitiment cet engagement de notre part.

Pour tout un chacun, le besoin d’exercer une activité professionnelle est que cette dernière est vecteur de développement personnel et qu’elle participe à la préservation de nos capacités intellectuelles.

 De plus, le travail :

  • est valorisant,
  • nous assigne un rôle dans la société,
  • nous offre un statut social et donc une reconnaissance de la part des autres,
  • est déterminant pour une bonne santé mentale et intellectuelle,
  • est à l’origine du sentiment d’être utile.

Il en est de même pour les personnes en situation de handicap disposant d’une autonomie suffisante.

Seulement, ce type d’inclusion, source d’épanouissement, nécessite de mettre en place des mesures appropriées. 

Des aménagements comme :

  • l’adaptation de l’environnement, le bruit, la lumière, un poste isolé, du matériel ou des accès spécifiques, etc.,
  • l’ajustement de l’organisation du travail, des horaires adaptés, des pauses régulières, etc.,
  • une clarification de la communication, affichage de consignes écrites, présence de supports visuels, une planification de la journée de travail claire, etc.,
  • la mise en place d’un tutorat ou d’un accompagnement renforcé.

 

Ce constat est de plus en plus confirmé par des associations nationales comme 

Autisme France qui a abordé ce sujet lors de son dernier congrès à Marseille, 

par des institutions

par des familles en difficulté dont les enfants peinent à trouver un emploi.

Nous sommes conscients que pour développer une procédure susceptible de simplifier et de faciliter l’accès au monde du travail de cette catégorie de salarié, le chemin risque d’être long.

Jeudi 29 janvier 2026, avec les représentants de la municipalité et du département, un premier échange a permis d’évoquer la situation actuelle, avec l’aide d’un parent présent et d’un jeune asperger proche de notre l’association (actuellement en situation de demandeur d’emploi).

Nous nous sommes séparés après avoir noté que la volonté des élus était de poursuivre cette réflexion en réunissant prochainement d’autres acteurs pouvant permettre de proposer une solution.

Défiler vers le haut